Mercredi 13 Décembre 2017
 
 
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ANSES PEINTES..
La Chaise-Dieu
L'abbaye bénédictine Saint-Robert de La Chaise-Dieu, en Haute-Loire, fut fondée au milieu du XIe siècle par Robert de Turlande. La Danse macabre se situe sur trois panneaux muraux qui séparent le chœur du collatéral nord. La date de réalisation est incertaine mais la majorité des chercheurs s’accorde maintenant pour l’estimer aux environs de 1470.
C'est une fresque véritable, ce qui explique un bon état de conservation et elle a bénéficié d'un dernier nettoyage peu après les années 2000. Le graphisme, réalisé au charbon, est superbe et fait de La Chaise-Dieu une des plus belles Danses macabres, la plus belle même si l'on considère qu'elle est donc authentique. En revanche l'identification de certains personnages est incertaine d'autant plus que le dialogue n'existe pas ; il était prévu, pourtant, les réglures sont encore visibles sous les sujets mais aucun texte n'a été peint. La suite des personnages est la suivante : pape, empereur, légat, roi ou duc ?, cardinal, connétable, archevêque ou patriarche ?, chevalier, bénédictin ou abbé ?, bourgeois, chanoine, marchand, dame ?, sergent, chartreux, amoureux, avocat ou médecin ??, ménestrel, théologien ou savant, clerc ??, laboureur, cistercien ou cordelier ?, enfant, moine, clerc ?
Il est étonnant que cette fresque soit manifestement inachevée ; peut-être l’artiste est-il mort, mais il aurait alors été remplacé ; peut-être des évènements graves ont obligé l'interruption prolongée du travail, qui n'a pas été repris ensuite ; plus probablement le premier commanditaire, l’abbé, est-il mort et son successeur n'a pas jugé utile de terminer un travail qui paraissait irrévérencieux…

Brianny (Côte d'Or)
Brianny se situe près de Semur en Auxois, dans la région de Montbard. C’est un très petit village et l’église Sainte-Apolline est à l’échelle, ne mesurant que quatre à cinq mètres de large et huit à dix de long. L’œuvre a été découverte en 1940 et a été restaurée en 1950-1960.
La Danse macabre se situe sur les quatre murs et commence probablement à droite de l’autel, donc sur le mur est. Le cardinal est alors en troisième position, ce qui est habituel ; le suivant serait un noble de haut rang, comme le duc, puis c’est le connétable, identifiable à son armure et sa grande épée ; ensuite l’identification est très incertaine mais il semble bien que sur les murs sud et ouest, ce sont des hommes. Dans l’angle ouest-nord le sujet paraît debout dans une barque. En continuant sur le mur nord vers l’est, il semble bien qu’il ne s’agisse que de femmes : une jeune fille en vingt-troisième position, la vingt-cinquième se regarde dans un miroir, la vingt-septième a un panier sur la tête, la vingt-neuvième est probablement la folle, ou « la sotte » avec son costume bigarré.
Les personnages sont très estompés, ce qui en rend leur lecture encore plus difficile et l’absence de texte ne permet pas une identification certaine ; toutefois ce texte a existé, on en retrouve quelques traces au-dessus de la porte d’entrée et au-dessus du confessionnal. La litre funéraire cache sans doute des éléments intéressants.
Cette œuvre est très certainement datable de la première moitié du XVIe siècle.
Illustration : le mur nord, vers l'est.

Guiscard

La chapelle funéraire de cette commune de l’Oise se situe dans l’angle est du cimetière. Comme à Chépoix elle a été construite par l’architecte Ansart en 1932 à la demande de la famille de B…. La Danse macabre est également réalisée en mosaïque par l’artiste Jean Gaudin, maître verrier à Paris.
Cette œuvre protégée par une grille en fer forgé, présente dix-huit vivants et seize morts qui les accompagnent sans former de couple conventionnel, ils se lisent dans le sens des aiguilles d’une montre.
Les teintes dorées et argentées donnent une grande luminosité à cette œuvre.

Illustration : la chapelle du cimetière

 

Chapelle de Chépoix

Nous n’aurons pas du mettre cette Danse macabre dans les Danses peintes car elle a la particularité d’être réalisée en mosaïque mais elle est tellement belle et originale qu’il fallait bien lui trouver une place.
Cette chapelle funéraire construite dans les années 1914-1918, de style néoclassique appartient à la famille B... L’intérieur, très reposant, dévoile des teintes ocre ; la Danse macabre se déroule comme une frise, le dessin des morts est très vif et précis, la mosaïque dont les couleurs sont un peu sombres donne du relief aux personnages.
La lecture de cette œuvre se lit de la gauche vers la droite :
Le mort arrache le bébé des bras de sa mère, une petite fille joue au cerceau tandis que la mort a posé sa main sur son bras pour lui signaler que ce n’est plus le moment de jouer, un jeune galant baise la main droite d’une femme et le mort à genou lui baisse la main gauche. Les couples suivants sont très classiques. Au milieu de cette chapelle, face à l’entrée une inscription latine, puis sur le mur sud continue la Danse : le mort entraîne une femme dans un Charleston effréné ; n’oublions pas que nous sommes dans la période d’après-guerre. Puis viennent : l’avare, un soldat (un poilu), un cul de jatte très émouvant et pour terminer le vieillard.
Cette Danse macabre a été réalisée par Gérard Ansart, arrière petit-fils d’Aimé Duthoit, bien connu des amiénois. Par contre nous ne connaissons pas le nom du mosaïste.
Est-ce que Gérard Ansart ne se serait pas inspiré des Danses macabres germaniques.
Illustration : le revers de l’entrée.

Kernascléden

Cette belle église du Morbihan située à l’est du Faouët mérite à elle seule un voyage. Son architecture est tout simplement un joyau de l’art gothique et son intérieur est richement orné de statues de bonne facture, et d’un grand nombre de peintures murales : scènes de la Passion, les vingt-quatre scènes de la vie de la Vierge, les Anges musiciens.
Le bras sud du transept nous intéresse tout particulièrement puisqu’il abrite la Danse macabre qui s’étend sur les murs sud et ouest sur plusieurs mètres de long et sensiblement à hauteur d’homme, et qui a sans doute était peinte dans la seconde moitié du XVe siècle.
Restaurée assez récemment, sa lecture en demeure néanmoins difficile. La Danse commence par un prédicateur en chaire, puis vient un mort à genoux sonnant de la trompette, puis un mort qui saisit un ecclésiastique, encore un mort et un civil très effacé. Suivent le cardinal et son mort, un mort et un civil qui pourrait être l’écuyer. Sur le mur ouest on distingue trois morts et deux vivants qui seraient peut-être le bailli et le bourgeois.
Des traces de texte subsistent au-dessus mais ne nous permettent pas d’identifier de façon certaine ces personnages qui à l’origine devaient être d’une rare finesse et beauté.
En revanche, toujours sur le mur ouest, au-dessus de la Danse macabre, nos regards se réjouiront à l’observation des scènes d’Enfer, réalistes, truculentes, homériques, plaisantes, naïves, gaies ironiques et qui prêtent à rire et… en bon état.

Meslay le Grenet

Meslay le Grenet est en Eure et Loir, à une dizaine de kilomètres au Sud-Ouest de Chartres. La Danse macabre a été découverte en 1862 par le curé desservant et a été restaurée dans les années suivantes. Elle se trouve sur les murs sud et ouest, à hauteur d’homme et chaque personnage mesure environ un mètre vingt. Le dialogue du mort et de sa victime est inscrit sous forme de deux huitains de huit vers, il est encore bien lisible en bonne partie.
L’ensemble de la peinture est d’inspiration très directe de Guyot Marchant et surtout de Vérard.
Il y avait vingt personnages mais la dernière restauration complète de l’église, entre 2005 et 2009, a fait disparaître le dernier, le moine, sous prétexte que l’enduit menaçait de tomber.
Ce défilé est précédé d’un Récitant qui présente la Danse. Ce qui est très remarquable est la présence du Roi mort, au-dessus des derniers sujets. Ce Roi mort est la seule reproduction peinte en Europe, même si les éditions de Guyot Marchant et de Vérard le présentent habituellement.
L’alternance des clercs et des civils est bien respectée jusqu’au médecin mais ensuite l’artiste ou le commanditaire a manqué de clercs et l’on observe laboureur, enfant, usurier.
à Meslay le Grenet on observe aussi une grande peinture des trois Morts et des trois Vifs, placée au-dessus des premiers personnages ; il y a en outre six scènes de la Passion, intéressantes et surtout une légende des Femmes bavardant à la Messe, une iconographie amusante mais non macabre, que l’on trouve ça et là en Maine et en Anjou.

Illustration : Le Roi mort, au registre supérieur

Kermaria
Kermaria en Iskuit se trouve à l'Ouest de la route qui conduit de Saint-Brieuc à Paimpol.
Le site est calme et charmant, à côté de Plouha.
L'église est superbe et mérite une visite approfondie ; il y a une très belle statuaire et d'autres belles choses. La Danse macabre se situe en hauteur, au-dessus des arcades séparant la nef des bas-côtés. Elle est malheureusement un peu dégradée et certains sujets ne sont guère identifiables mais on peut avoir recours à des copies anciennes.
Ces personnages ont la particularité de se situer chacun dans une arcade, mort comme vivant, ce qui ne les empêche pas de se tenir par la main, réalisant une véritable ronde. L'ancienneté probablement fait que seule la silhouette demeure, on ne distingue pratiquent aucun trait de visage ni pli de vêtement sauf parmi les premiers personnages. On retrouve des bribes de texte et ce sont manifestement, comme à Meslay le Grenet, des strophes de huit vers ; d'ailleurs là où il est lisible, on constate que c'est le même qu'à Meslay le Grenet et dans les éditions de Guyot Marchant et de Vérard.
Il existe aussi une peinture des trois Morts et des trois Vifs, très lacunaire, disposée dans le bas-côté nord à hauteur d'homme.
Illustration : la secrétairerie de l'église
separe
 
       
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