Mardi 27 Juin 2017
 
 
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RANCE
 
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ANSES GRAVEES / ENLUMINEES..
CHÉRENG
Cette agglomération française se situe très près de Lille, tout contre la frontière belge ; l’église abrite de remarquables fonts baptismaux du IXe siècle, ainsi que des poutres sculptées polychromes représentant des saints et des rois.
Le chercheur curieux et agile montera jusqu’à la cloche fondue en 1754 dont le cerveau représente une Danse macabre. Ce sont deux couples dont le même motif est dix fois répété sur la périphérie. Chacun de ces quatre sujets, mort et vivant, est séparé par ce qui doit être une grande palmette. Les deux vivants sont sans doute le bourgeois et le prêtre. Ils sont placés côte à côte, se tiennent par la main et chacun d’eux est entouré de son mort ; celui-ci est squelettique, porte un linceul qui flotte autour de lui et a un mouvement de danse très net. L’état d’oxydation de l’airain en rend malheureusement la lecture un peu difficile.
Juste au-dessous de la Danse, trois lignes donnent des indications utiles, que nous avons pu déchiffrer et retrouver dans les documents datant du siècle dernier : « Le parrain Messire Louis de Carondelet… la maraine noble Dame Marie-Angélique de Rasoir… Mr Corsin m’a fait à Lille, en 1754 ».

Illustration : la cloche de Chéreng.

Les livres d'Heures

Comme on le sait, le livre d’heures était destiné aux lectures pieuses des laïcs et s’opposait en cela au missel et au bréviaire dont les lectures fixes étaient approuvées par l’église.
Le livre d’Heures apparut au XIVe siècle, connut son essor au XVe siècle et disparut en même temps que la Réforme. On entend souvent citer les grandes Heures et les petites Heures : c’est seulement une question de format.
Sa diffusion fut considérable, on peut dire qu’il y en avait un pratiquement dans chaque famille un peu aisée, c’est dans ce livre que l’on apprenait à lire.
Les textes moralisateurs ou pieux comprenaient presque toujours un calendrier pour que le lecteur puisse se retrouver dans la commémoration des fêtes. Il y avait pratiquement toujours le Pater, un Ave, des prières pour les morts, les litanies des saints…
Ces textes étaient encadrés d’une enluminure plus ou moins magnifique en fonction tout simplement des possibilités financières de l’acheteur. Le terme petites Heures ou grandes Heures concerne le format du livre.
Ce sont ces enluminures qui nous intéressent tout particulièrement car elles reflètent l’esprit macabre du XVe siècle.
Des Danses macabres, des Imagines Mortis, des Triomphes de la mort, des Artes moriendi, des Accidents de l’homme, et surtout des trois Morts et des trois Vifs illustrent bien souvent ces livres.
Ces thèmes ornent tout particulièrement les « Offices des défunts ».
Nos bibliothèques possèdent encore de nombreux exemplaires de ces fabuleux joyaux qui sont, quand on peut les voir, à manipuler avec soin et amour. On trouve non rarement des Danses macabres gravées, enluminées dans les livres d'Heures.

Illustration : le célèbre folio des Très riches Heures du Duc de Berry, particulièrement riche en art macabre.

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