Mercredi 13 Décembre 2017
 
 
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AARAU
Félix Hoffmann, enfant du pays, était professeur de dessin et artiste libre ; il était assez apprécié pour avoir réalisé un vitrail pour l’église de Rupperswil, puis les trois grandes fenêtres du chœur de l’église de Aarau, ainsi que celle de la collégiale de Berne.
à la demande de la ville, il réalisa en 1966 une Danse macabre pour orner l’une des deux énormes tours subsistant de la vieille ville. Cette œuvre sobre, colorée seulement de gris, de noir et de rouge mesure deux mètres quarante de haut et six mètres de large.
Tout en s’inspirant des Danses macabres primitives, Félix Hoffmann n’a cependant pas conservé les personnages types (pape, empereur…). Il a représenté les personnages de notre temps, ceux qui passent et repassent chaque jour sous cette tour. Nous voyons donc de gauche à droite :
Jeune fille, Architecte, Ouvrier en bâtiment, Enfant avec une balle, Mère et son enfant, Sportif, Marchande.
Cette Danse macabre contemporaine, touchante par sa simplicité et sa sincérité, s’intègre à merveille dans cette ravissante ville du canton d’Argovie.

HASLE
La chapelle de cette agglomération de Suisse centrale (non loin de Lucerne) a été construite en 1574. Elle a été remaniée, repeinte un siècle plus tard et le peintre lucernois Jean-Jacques Fleichlin y a réalisé la Danse et quelques autres peintures vers 1675. Cette petite chapelle au toit de bardeau ne laisse de place qu’à un seul autel, baroque, peint de scènes et d’objets macabres. La Danse est organisée de la façon suivante en partant de l’autel :
- à droite :            Empereur, Aubergiste, écrivain public, Meunier.
- à gauche :            Pape, Pâtre, Bourgeois, Jeune Homme.

Deux fois deux vers, en lettres ornées, transmettant le dialogue de chaque couple. Nos personnages sont donc en majorité des individus des classes moyennes, très « locaux » ; ils sont évidemment habillées en costumes du pays et portent les instruments correspondant à leur métier. Les morts, tout à fait squelettiques, sont placés à droite ou à gauche de leur victime et ne dansent pas. Les têtes seules semblent avoir conservé un reste de chair ou plutôt de peau séchée qui leur confère, avec quelques cheveux et des arcades orbitaires soulignées, un air absolument exceptionnel. Une chose est remarquable, c’est le linceul ; après bien des hésitations, nous pensons qu’il s’agit plutôt d’ailes que de linceul. Le doute est permis, puisque ce sont certainement des plumes que nous observons de part et d’autre de nos squelettes ; si ce sont des ailes, on peut s’étonner qu’elles habillent presque complètement certains des morts et qu’elles passent au-dessus de l’épaule. Et puis, la Mort ailée ne convient pas très bien aux Danses auxquelles nous sommes habitués. Nous verrons de temps en temps des morts ailés – baroques ou tardifs – et Bamberg possède aussi un linceul paraissant fait de plumes. Au vrai, l’époque baroque a quelque peu mélangé plumes et linceuls, ne serait-ce qu’à cause de son goût pour les ailes.
Illustration : le pape.

Danse macabre de Berne

Le visiteur du Musée historique de cette ville ne manquera pas d’admirer les aquarelles de cette Danse dont l’original avait été peint entre 1516 et 1519 au couvent dominicain par Nicolas Manuel Deutsch.
On ne connaît pas les raisons exactes qui motivèrent cette réalisation, mais elle a été peinte, comme à Bâle, le long du mur du cimetière du couvent. Ce mur fut détruit en 1660 mais la peinture avait été fort heureusement recopiée par Albert Kauw en 1649.
Les aquarelles que nous avons sous les yeux sont les suivantes : le premier tableau : le Péché originel où l’on voit l’ange chassant Adam et ève du Paradis - Dieu donne à Moïse qui est à genoux les tables de la Loi.
Deuxième tableau : à gauche, le Christ en croix, le ciel est tourmenté, sombre. à droite l’ossuaire devant lequel s’agitent quatre morts musiciens. Puis viennent quarante deux vivants bien spécifiques de la hiérarchie de la Danse macabre.
Dans l’ensemble, nos acteurs ne sont pas représentés en procession mais par couples séparés par des arcades. Les morts sont des quasi-squelettes sur lesquels restent accrochés quelques lambeaux de chair, ils ne portent pas de linceul et ont un mouvement de Danse très ironique. Douze d’entre eux jouent d’un instrument de musique.
La peinture est très belle, très fine, les visages sont expressifs et parfaitement réalisés. Les costumes sont détaillés, les dessins raffinés.
La peinture de Nicolas Manuel Deutsch a été copiée – comme à Lübeck – sur un vitrail de la cathédrale. Ce vitrail reproduit exactement les aquarelles.
Illustration : l’artisan et le pauvre

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