Lundi 23 Octobre 2017
 
 
En France En Europe Prémices Corollaires Autres Aspects Publications L'Association
UROPE
 
 ÷ Allemagne
 ÷ Autriche
 ÷ Benelux
 ÷ Scandinavie et Angleterre
 ÷ Suisse
 ÷ Italie et Espagne
 ÷ Autres Pays
 ÷ Album Photos
LLEMAGNE...
Wondreb
Wondreb se situe près de la frontière tchèque, à proximité de Tirschenreuth et de Waldsassen dont les moines de l’abbaye desservaient cette paroisse.
La Danse macabre se trouve dans la chapelle du cimetière, au plafond, selon vingt-huit peintures sur bois chacune limitée par un encadrement, en sept rangées de quatre cadres. Les quatre premiers et les quatre derniers représentent les hauts états, civils en haut et ecclésiastiques en bas ; mais seules sont représentées les coiffures de ces personnages : mitre, barrette, couronne… L’artiste et le commanditaire ne voulaient pas se permettre de représenter ces personnages en pied.
Sur les vingt autres tableaux se trouve une citation biblique et un commentaire. Ce commentaire, comme les images, est inspiré très directement d’Abraham A. Santa Clara, un augustin prédicateur de la cour qui écrivit en 1710 « la Chapelle des morts », en somme un sermon baroque sur la précarité de la vie et la nécessité de mener une vie chrétienne.
Tous ces tableaux ne représentent pas des personnages : si l’on observe l’estropié, l’enfant, l’aveugle, le joueur et quelques autres, on observe aussi un paon, symbole de l’orgueil et de la vanité humaine ; le putto soufflant des bulles ou la vibration de la cloche, témoins de la brièveté des choses terrestres ; ou encore le péché originel et la balance du jugement dernier.

Illustration : l’enfant.

Straubing (Bavière)
A Straubing, située à l’Est de Ratisbonne, le cimetière Saint-Pierre est l’ancien cimetière dans lequel quelques tombes ne manquent pas d’intérêt. Dans le cimetière se trouvent l’église du même nom, la chapelle d’Agnès Bernauer, héroïne de la ville et enfin la chapelle des morts où se trouve la Danse macabre ainsi d’ailleurs que des scènes de la Passion ; l’ossuaire se trouve en contrebas de la longueur intérieure.
La disposition de la Danse macabre est un peu complexe, avec deux registres peints sur les murs sud, ouest et nord, montrant : pape, cardinal, évêque, officier, autre officier, avocat, médecin, chirurgien, curé, religieux, religieuse, pharmacien, mort seul, fossoyeurs, enfant, jeune homme, homme, vieillard, astrologue, usurier, mendiant, noble, chevalier, baron, comte, duc, grand électeur, roi, empereur, voluptueux, paysan, bourgeois, homme d’affaire, conseiller, autre conseiller, juge, fonctionnaire de cour.
La disposition est telle qu’il s’agit d’un crescendo allant d’Est en Ouest ; à gauche sont les nobles et au-dessous, la bourgeoisie.
Chacun des vivants se trouve dans son logement ou est occupé à son travail habituel. Le mort arrive à l’improviste pour chercher sa victime et l’on perçoit qu’ils vont sortir ensemble. Ces morts sont squelettiques et sont armés d’un arc ou d’un dard dont ils frappent leur victime. à chaque image un texte nous signifie l’apostrophe du mort à sa victime.
Ces peintures ont été réalisées par Felix Hölzl en 1763.
Il est à noter qu’il se trouve deux autres Danses macabres à Straubing.

Illustration : chapelle du cimetière, bébé, jeune homme, astrologue, usurier.

Haselbach
Haselbach se trouve au Nord de Straubing, en Bavière. La chapelle du cimetière fut construite en 1670 par le Père Balthasar Regler mais on ignore si les peintures ont été réalisées lors de la construction ou au début du XVIIIe siècle comme certains le supposent. La Danse macabre a été découverte en 1912 sous son badigeon par le curé Oberschmid. L’œuvre est une quasi copie de Holbein, avec quelques modifications. Les sujets sont disposés sur deux registres, les plus hauts personnages se trouvant à gauche de l’autel et le tiers-état se trouvant à droite de celui-ci. Ils sont vingt en tout :
Pape, évêque, abbé, curé, juge, avare, médecin, vieillard, fou, colporteur en haut.
Duc, comte, noble, chevalier, combattant, avocat, ?, couple d’amoureux, ?, marchand en bas.
Un texte de quatre lignes est encore lisible neuf fois, ce sont les paroles du mort à l’exception du vieillard qui parle lui-même, acceptant volontiers la mort. En revanche le mort est presque agréable au prêtre puisqu’il lui dit : …Quoi qu’il en soit par courtoisie / je t’indiquerai l’heure quand le moment sera venu.
Illustration : la chapelle du cimetière en automne.
Fribourg en Brisgau
L’église Saint-Michel du vieux cimetière commence par un porche fait d’arcades sous lesquelles douze personnages ont été peints vers les années 1760-1780. Ce sont successivement de gauche à droite :
Bébé, enfant, jeune fille, jeune homme, femme noble, époux, mégère, noble, mendiant, curé, paysan, avare.
Ces peintures baroques sont de teinte pastel et un texte de deux lignes placé au-dessous correspond à un commentaire ou une phrase prononcée par le mort ; celui-ci, squelettique, sans linceul, semble s’occuper du vivant : l’un fait la natte de la jeune fille, un autre se penche sur l’abécédaire de l’enfant, un autre soulage l’époux de sa croix…
Il n’y a pas de personnage important de la hiérarchie sociale.
Illustration : vue générale de la partie gauche.
Le CPG 438 de Heidelberg

M. Faure a publié à Leipzig en 1900 une Danse macabre issue de Heidelberg datant de 1465. Ce sont des xylographies qui offrent la particularité suivante : le dessin comme le texte sont gravés de la même main, ou surtout dans la même planche de bois, ce qu’on appelle un Blockbuch en allemand.
Après une introduction de vingt-deux vers le récitant, debout en chaire appelle successivement :
Pape - Empereur - Impératrice - Roi - Cardinal - Patriarche - évêque - Duc - Comte - Chevalier - Abbé - Juriste - Chanoine - Médecin - Noble - Noble dame - Marchand - Pharmacien - Nonne - Cuisinier - Paysan - Mendiant - Mère - Enfant.
La xylographie traduit bien l’aspect des gravures, un peu lourdes et aux traits épais. Il n’y a aucun décor, aucun enjolivement. Les vivants ont une attitude de surprise devant ces morts aux côtes saillantes, au prognathisme particulièrement marqué qui ne porte pratiquement pas de linceul. En revanche beaucoup jouent d’un instrument de musique, le mort du pape a un double tambourin, celui du cardinal souffle dans une trompe, celui de l’évêque joue de la cornemuse, etc.
Le texte est fait d’un dialogue de deux fois quatre vers : l’apostrophe du mort est au-dessus, la réponse du vivant est au-dessous de la gravure.

Illustration : quatre personnages du Codex Palatinum Germanicum de Heidelberg

Wismar

La Danse macabre originale de cette ville hanséatique a été détruite en 1945, mais heureusement il existe une copie sur toile actuellement visible dans le musée historique non loin de la Nikolaikirche C’est peut-être une copie un peu fantaisiste, qui montre des morts squelettiques dont l’anatomie prête à sourire. Le dessin des vivants est assez naïf.
En voici la composition :
Pape – Cardinal – Patriarche - évêque – Duc ? – Père abbé – Abbé crossé – Chanoine ? – Docteur ? – Juge – Astrologien – Bourgeois – Femme noble – Clerc ? – Paysan – Estropié – Enfant.
Il existait également deux autres Danses macabres dans la Nikolaikirche qui sont mentionnées dans le registre paroissial mais dont nous n’avons pas pu trouver trace.

Roding

La chapelle Sainte-Anne du cimetière de cette ville possède une peinture réalisée vers 1660, elle occupe une surface en arc de cercle, elle est très intéressante dans le sens où elle se démarque des Danses macabres conventionnelles. Dans la partie supérieure arrondit se tient un mort menaçant de son arc à la fois l’observateur et la foule qui est au-dessous de lui. Il émerge d’un cimetière où l’on aperçoit une multitude de croix.
Au-dessous c’est une véritable procession, bien organisée par rangs de trois ou quatre. Elle se dirige vers notre droite, n’étant composée que de civils et d’ecclésiastiques de haut rang parmi lesquels se mêlent quelques morts, dont l’un joue du violoncelle.
C’est au-dessus que se trouve la foule des petites gens, mêlés aux morts, ausquels s’ajoutent des enfants qui jouent, insouciants...

 

Lübeck

La Marienkirche abritait une peinture sur toile datée précisément du 14 août 1463 et portant des vers en bas allemand. Cette Danse avait été réalisée sous l’effet de la peste qui avait ravagé la ville en 1451 mais aussi et surtout en fonction de la peste qui régnait dans la région cette année-là.
Cette église a terriblement souffert du bombardement des 27 et 28 mars 1942, heureusement, en 1701, Anton Wortmann avait fait une copie fidèle de cette œuvre qui est magnifique, avec la ville de Lübeck en arrière-plan.
La reproduction dont nous disposons représente une ronde ininterrompue de morts et de vivants se tenant plus ou moins par la main ou le bras. Les morts, noirs et décharnés, sont revêtus d’un linceul et dansent.
La peinture est composée de vingt-trois personnages :
Pape - Empereur – Impératrice – Cardinal – Roi – évêque – Abbé – Chevalier – Chartreux – Bourgmestre – Chanoine – Gentilhomme – Médecin – Usurier – Chapelain – Secrétaire ou Fonctionnaire – Sacristain – Marchand – Ermite – Paysan – Jeune homme – Jeune fille – Petit enfant.
Le dialogue est fait de deux fois quatre vers par couple ; l’ensemble de la réalisation qui mesurait vingt-quatre mètres de long, est attribué à Bernt Nokte.
Actuellement, la Marienkirche montre encore une Danse macabre : ce sont deux hauts vitraux situés au transept nord, créés en 1955-1956 par Alfred Mahlau, qui tentent de copier la Danse originale.

Illustration : Secrétaire, sacristain, marchand, ermite.

Füssen

C’est une agréable ville l’Allgäu, au pied des Alpes de Bavière. La peinture a été réalisée en 1606 par Jacob Hiebeler. Cette œuvre sur bois mesure plus de cinq mètres de large et environ trois mètres cinquante de haut, elle est composée de vingt tableaux différents qui sont disposés sur le mur ouest de la chapelle Sainte-Anne.
On voit successivement : Pape – Empereur – Prince – évêque – Princesse – Docteur – Marchand – Aubergiste – Usurier – Paysan – Abbé – Jeune homme – Noble dame – Curé – Secrétaire – Sorcière – Joueur – Jeune fille – Enfant – Peintre.
Les victimes habillées d’élégants costumes, sont souvent saisies dans leur activité traduisant rien qu’en cela l’influence de Holbein.
Les morts, demi squelettique, ont un mouvement parfait traduisant à merveille la danse et l’ironie. Le texte est fait d’un dialogue de deux fois deux vers.

Illustration : le marchand


Dresde

Lorsqu’il agrandi son château entre 1530 et 1537, le comte Georges de Saxe fit édifier une porte monumentale portant son nom.
Cette porte était donc de style renaissance, richement décorée. La façade nord, côté Elbe, présentait les péchés capitaux. De l’autre côté vers le pont, le portail séparait Adam et ève. Au-dessus, c’est le meurtre d’Abel voisinant avec Adam et ève et l’arbre de vie. Plus haut une frise sous-tend la Danse macabre sculptée en grès, longue de douze mètres sur un mètre vingt de haut.
De ce merveilleux édifice, détruit en 1701 par un incendie, seule subsiste la Danse macabre.
Il ne s’agit pas ici de couples « classiques » mort-vivant, mais d’un défilé d’hommes entraînés par la mort. Une première procession de dignitaires ecclésiastiques est conduite par un mort tenant un sablier en ses mains. Elle est composée de :
Pape – Cardinal – évêque – Prêtre – Moine.
Vient ensuite une deuxième procession également conduite par un mort qui emmène à sa suite des personnages civils ou militaires : Chevalier – Noble – Bourgeois – Universitaire – Tailleur de pierre.
Puis sans doute le troisième ordre de la société avec :
Valet de ferme – Paysan – Mendiant.
Puis les femmes avec :
Abbesse – Bourgeoise – Paysanne.
Enfin : Usurier – Enfant – Vieillard.
Une mort avec une faucille ferme la procession.
Cette Danse macabre, réalisée par Christoph Walter vers 1535 est actuellement visible dans l’église des Trois Rois, sous la tribune.

Illustration : les premiers personnages

Constance 

L’ancien couvent des dominicains, actuellement occupé par l’hôtel Insel, abritait une Danse macabre peinte sur le mur est du cloître, au début du XVIe siècle. Elle n’est pas détruite mais est masquée par une construction récente de l’hôtel. Ces restes ont été découverts en 1965. Des photographies correctes montrent ce qui reste de cette œuvre.
Elle est bien difficile à lire, car la peinture est très atténuée et présente de nombreuses lacunes.
Devant un décor d’arcades, se présentent six morts de gauche à droite :
Le premier présente la main et l’avant-bras droits tourné vers notre droite.
Immédiatement à droite on distingue bien la tête, le thorax et le bras droit d’un mort vu de face.
Un troisième mort est debout sur un plan légèrement postérieur au deuxième, il est vêtu d’un ample linceul et sonne de la trompette
Le quatrième mort est également debout en tout premier plan. Il sonne d’une trompette.
Le cinquième semble tenir de son bras gauche une trompette qu’il brandit au-dessus de sa tête.
Plus à droite on peut voir un bras squelettique brandissant un dard.
Il est bien regrettable que cette peinture soit dans un tel état, car nous sommes bien là en présence de morts musiciens qui devaient sans doute précéder une Danse macabre qui hélas n’a jamais été révélée.

Il n'est pas possible de mettre de photo.

 

Berlin

La Marienkirche, actuellement de culte protestant, possède une Danse macabre datée de 1485, qui avait été recouverte d’un badigeon en 1614 et dégagée en 1860. En 1990 elle avait bien besoin d’être restaurée, seule une partie était encore à peu près lisible.
La peinture se trouve dans le narthex sur les murs nord et ouest. C’est une frise de deux mètres de haut, texte compris, qui se déroule sur vingt-deux mètres de long et placée à un mètre soixante-dix du sol.
Le Christ en croix est le centre mystique et géométrique de cette Danse qui est double : à gauche sont placés les clercs dans un ordre croissant, ils sont précédés du Récitant puis viennent : le Bedeau – le Chapelain – l’Official – l’Augustin – le Dominicain – le Curé – le Chartreux – le Médecin – le Moine – le Chanoine – l’Abbé – l’Evêque – le Cardinal – le Pape.
A la droite du Christ pour l’observateur sont représentés les civils qui sont dans un ordre décroissant ; on voit donc : l’Empereur – l’Impératrice – le Roi – le Duc – le Chevalier – le Maire – l’Usurier – le Hobereau – le Marchand – le Secrétaire – le Paysan – le Cabaretier – le Fou – la Mère et son enfant (effacés).
On le voit, les plus hauts personnages sont au plus près du Christ. Ces vingt-huit couples évoquent facilement une ronde - assez monotone- car tous les morts saisissent de leur main droite la main ou l’avant droit de leur victime et de leur main gauche la victime voisine. Ce sont des écorchés plus que des squelettes habillés de leur linceul porté comme une cape. Le mouvement de danse n’est guère perceptible.
Au-dessous sont peints deux fois six vers en bas allemand pour chaque couple.
En 1990 le risque de chute de gravats avait fait placer une sorte de couloir transparent qui empêchait d’accéder à cette peinture. L'état était identique en 2012.

Illustration : l'official et l'augustin.

separe
 
       
Visiteurs : 722308 © Association des Danses Macabres d'Europe - 2009 - Mis à jour le : 04 - 07 - 2017