Lundi 23 Octobre 2017
 
 
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RAVURE & NLUMINURES...
Les Triomphes de la Mort

C’est à partir de XIVe siècle que l’on commença à figurer la Mort toute-puissante, c'est-à-dire le Triomphe de la Mort. Sans doute la Grande Peste Noire n’était-elle pas étrangère à cette forme de succès. Il y a là une figuration d’une pensée terrestre, matérielle, qui voile partiellement la pensée religieuse, céleste de la mort.
Le Triomphe se présente le plus souvent comme une mort plus ou moins squelettique, parfois richement habillée, qui domine une foule d’individus de tous rangs qu’elle terrasse. Une iconographie fréquente représente la mort sur un char tiré par des bœufs qui piétinent les vivants. Le char est habituellement orné de figurations macabres : crânes, os, pelles et pioches…
En peinture murale, l’Italie est le pays de prédilection des Triomphes mais on en observe assez souvent dans les livres d’heures. Bien connus sont les Triomphes illustrant les œuvres de Pétrarque (1304-1374) dans ses poèmes dédiés à Laure (de Noves), sa bien-aimée disparue prématurément de la peste.
Illustration : Le Triomphe de la Mort, hôtel bourtheroulde, Rouen

Mort chevauchant un boeuf

La Mort chevauchant un bœuf est semble-t-il une représentation beaucoup plus ancienne que les Danses macabres.
La description en est simple : la Mort, plus ou moins triomphale, armée d’un dard, d’une lance ou d’une faux, est assise ou debout sur un char richement orné tiré par des bœufs ; ou bien de façon plus caricaturale, elle est assise à califourchon sur le dos de cet animal. La marche lente du bœuf représente évidemment la pesanteur, la rigidité, la rectitude tranquille et impassible, sans précipitation mais que rien n’arrête. Tout autour de cette Mort cheminant se presse une foule détruite ou suppliante, abattue par l’inexorabilité.
Laborde la décrit comme apparaissant pour la première fois en iconographie dans la Danse aux aveugles de Pierre Michault réalisée en 1465.
Nous ne connaissons actuellement qu’une peinture murale de cette iconographie à Hojby au Danemark. En revanche il en existe plusieurs exemplaires dans les livres d’Heures. Ces images sont souvent associées, ou confondues avec des Triomphes de la Mort. La plus ancienne représentation se trouverait dans un missel d’Amiens de 1393.
On trouve de temps en temps des Morts chevauchant un animal autre qu’un bœuf ; nous en avons vu chevaucher un lion, ou un cheval squelettique et même une licorne dans les Très riches heures du duc de Berry, au folio des funérailles de Diocrès (où se trouve également l’illustration des trois Morts et des trois Vifs).

Illustration : la Mort chevauchant, à Höjby, Danemark

Danse aux Aveugles 

La Danse aux Aveugles de Pierre Michault date de 1465 ; elle est donc postérieure aux premières représentations des Danses macabres.
L’Entendement joue le rôle de la Raison, ou parfois celui de l’Ange gardien, tandis que l’auteur, joue le naïf.
Entendement explique à l’Acteur qu’il va lui montrer trois Danses qui se déroulent successivement dans trois salles, par lesquelles tous les êtres humains doivent nécessairement passer. Et ces danses durent autant que le monde…
Les enluminures montrent des salles somptueuses peuplées d’une foule nombreuses composée de civils de toutes conditions ainsi que d’ecclésiastiques, pape et cardinal jusqu’au simple clerc. De plus, certains personnages principaux représentent les vices ou les péchés capitaux.
Dans la première salle, c’est Cupidon qui semble régner, entouré de Vénus et de Oiseuse, tandis que Fol Appétit mène une Danse joyeuse.
Dans la deuxième salle, c’est Fortune qui règne. Elle manipule une roue (la Roue de Fortune) et deux ménestrels, riche et pauvre, sont Heur et Malheur. Une belle Demoiselle, Destina, distribue des prix aux danseurs.
Dans la troisième salle, c’est la Mort qui règne ; elle chevauche un bœuf, ayant son dard à la main, son linceul posé sur sa monture. Deux hommes jouent l’un d’un tambourin, l’autre d’une corne ; ce sont âge et Accident, « car ces deux sont cause et moyen de faire venir toute chose vivante à cette Danse » nous dit le texte.
Une Demoiselle, Maladie, toute pâle et mal habillée, tient une bannière sur laquelle on lit : Atropos.
Ce remarquable manuscrit n’existe semble-il qu’en un exemplaire de la BnF. Il ne possède que trois enluminures, celles qui représentent ces trois danses successives. Elles sont d’une rare beauté et d’une extraordinaire finesse.

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